Burkina Faso : au pays de l’homme qui désintègre

Burkina Faso : au pays de l’homme qui désintègre

le 22 juillet, 2013 dans Afrique par

Sous la bannière de la « Coalition contre la vie chère », qui rassemble une quarantaine de syndicats et d’organisations de la société civile du Burkina Faso, plusieurs milliers de personnes ont défilé ce samedi, à Ouagadougou, pour dénoncer l’extrême détérioration de leurs conditions de vie, aggravées notamment par la hausse des prix des produits de première nécessité.

La manifestation s’est rapidement transformée en un réquisitoire contre le pouvoir en place. Celui du président Blaise Compaoré, qui depuis son coup d’Etat du 15 octobre 1987, se lave les mains du meurtre de son prédécesseur, Thomas Sankara, et se moque de son peuple comme il respire.

La mobilisation dans les rues de la capitale burkinabè, plutôt massive, était à la hauteur du ressentiment de la population face à la politique de Compaoré, qui a consisté depuis 26 ans à profaner la révolution sankariste pour diverses convenances personnelles et françafricaines. Loin, tragiquement loin du cœur de « la patrie des hommes intègres », selon la propre définition qu’en faisait Thomas Sankara.

C’est la mise en place d’un Sénat, la dernière trouvaille du régime pour assurer sa survie, qui a enflammé les esprits. Plus d’élus pour plus de démocratie, un bon gros mensonge pour nourrir des estomacs vides ! À côté des 39 représentants des collectivités territoriales, élus au suffrage indirect, et d’une douzaine de représentants de la société civile, le Sénat comptera également 29 sénateurs nommés par Blaise soi-même, comme ça c’est plus simple.

Pourvu de cette deuxième chambre, le désintégrateur en chef du Faso aura toute latitude pour modifier l’article 37 de la Constitution, limitant le nombre de mandats présidentiels, lui permettant de se présenter à nouveau en 2015, et même plein d’autres fois encore si ça l’amuse. Au Burkina Faso, beaucoup voient à juste titre dans ce Sénat une maison de retraite pour les proches du président, simple chambre d’enregistrement de ses décisions, tout cela pour un budget modique de 6 milliards de francs Cfa par an, soit près de 10 millions d’euros.

Jusqu’ici et pour le moment, Blaise tient toujours. Les grèves et les manifestations se multiplient dans le pays depuis plusieurs mois. Quelques cartouches de gaz lacrymogènes et des petits privilèges accordés ici ou là aident à maintenir la situation sous contrôle. Tant que la dette sera belle, l’Empire sera content de Compaoré !

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2 Commentaries

  • DIL RAP dit :

    Je suis DIL RAP, un homme engagé contre le Capitalisme qui se moque des libertés du peuple de n’importe quels pays. Je ne tolère pas les actions de nos gouvernements corrompus. Je suis fier que les burkinabé se sont mobilisés pour revendiqué leurs droits et si Blaise Compaoré est un traître alors il faut lutter contre lui. Je suis DIL RAP, je vous invite également à visiter ma Chaîne Youtube qui porte le nom de mon pseudonyme DIL RAP. DIL RAP sera à jamais du côté du Peuple! Et Vive le Monde Libertaire!

  • Mimi8 dit :

    Campaoré, traître,félon,caniche des puissances occidentales a assassiné Thomas Sankara sur l’ordre de la « France-Afrique » de Foccart rappelé par Chirac sous le gouvernement Mitterrand.
    Africains du pays des hommes intègres, levez-vous et bottez le cul de cet abject individu!

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