Bibi à couteaux tirés avec le monde entier

Bibi à couteaux tirés avec le monde entier

le 01 février, 2016 dans Inter-national par

Avec sa tronche décorée d’ennui et ses costards raides de pingouin international, Ban Ki-moon était plutôt à l’aise dans son rôle de type inutile. Jusqu’à se croire autorisé à commettre une petite insolence de salon, en demandant le gel pur et simple de la colonisation en Cisjordanie. Causant de la « frustration » des Palestiniens et admettant qu’« il est dans la nature humaine de réagir à l’occupation, comme les peuples opprimés l’ont démontré tout au long des siècles »…

Soudain, à Jérusalem le ciel s’est assombri. D’abord, il y a eu un froncement de sourcil, lentement le poil dru s’est creusé, une inflexion stoppée nette quand la bouche s’est ouverte, paraissant manifester un mouvement de la mâchoire qui allait susciter la parole : « Les commentaires du secrétaire général de l’ONU encouragent le terrorisme ». Et pan sur le bec, monsieur Ki-moon qui se croit tout permis !

À peine le clown triste du « machin » onusien avait-il remisé son keffieh après avoir fait des tartines sur les « initiatives provocatrices » d’Israël qui bétonne à tour de bras la Cisjordanie, que Bibi l’aplatissait, façon ballon ovale. « Il n’y a aucune justification du terrorisme. Les assassins palestiniens ne veulent pas bâtir un État, ils veulent détruire un État », a rétorqué Bibi avec cette subtilité empreinte de clairvoyance dont il a le secret.

C’est que Bibi a la gâchette facile par les temps qui courent. À sa décharge, le pauvre homme est quand même harcelé par une horde enragée et impitoyable. Hormis la récente plastronnade du fourbe coréen, il y a deux semaines c’était l’ambassadeur américain à Tel-Aviv qui se fendait d’une philippique de circonstance, en pointant le « deux poids deux mesures dans l’application de la loi en Cisjordanie : l’un pour les Israéliens, l’autre pour les Palestiniens ».

Aïe… Les réceptions de l’ambassadeur sont certes toujours réussies, mais la bouche encore pleine de son Ferrero Rocher, Bibi a répondu à cette inconcevable critique de la haine ordinaire par une démonstration magistrale, réduite à deux simples mots pour que tout le monde ait bien compris, sans doute par souci pédagogique : « Faux et inacceptable ! ».

Le tout petit monsieur Ban Ki-moon et le diplomate hurluberlu de la bannière étoilée avaient néanmoins enfilé des gants pour saillir le Bibi, en condamnant sans équivoque les attaques au couteau commises par des Palestiniens contre des Israéliens depuis le mois d’octobre – 29 Israéliens tués et 96 Palestiniens abattus. Une précaution pour rien, vu que les propres services secrets de Bibi, le Shin Bet, se mettent aussi à déconner sérieusement en pondant des rapports rien que pour énerver le dingo de Jérusalem.

Selon une récente enquête du service de sécurité intérieure israélien, la plupart des agresseurs palestiniens sont motivés par des raisons personnelles et familiales, et non pas politiques ou religieuses. En clair, sortir une lame devant un soldat de Tsahal est le meilleur moyen de se suicider pour échapper aux terribles conditions de vie économiques et sanitaires des territoires occupés. Des conclusions diamétralement opposées à la petite musique que Bibi se plaît à jouer même en sonnant faux, en accusant le Fatah et le Hamas d’être les instigateurs des attaques.

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