Au revoir les pioupiou !

Au revoir les pioupiou !

le 25 mars, 2013 dans Dictature de l'économie par

Un conseil de Défense s’est tenu vendredi 22 mars à l’Elysée, pour examiner le contenu du futur «Livre blanc» de la Défense, qui sera remis au président de la République fin avril. Ce document, définissant les bases de la stratégie française en matière de défense et de sécurité nationale pour la période 2014-2019, est le préambule à la prochaine loi de programmation militaire qui sera discutée à l’automne.

Et dans le contexte actuel de réductions budgétaires, la grande muette est sous la menace d’une cure d’amaigrissement qui à terme, pourrait profondément bouleverser ses capacités opérationnelles.

Le ministère des Finances, qui comme chacun sait est dirigé par un type qui «ne pense pas français, qui pense finance internationale», entend réduire le budget annuel de la Défense d’environ 4 milliards d’euros, le faisant passer à 28 milliards contre 32 actuellement, avec pour objectif de récupérer 30 milliards d’économies d’ici 2020.

Derrière ces chiffres, se profile une rupture radicale dans la politique de Défense de la France. Si Bercy obtient gain de cause, les capacités militaires françaises seront équivalentes à celles de pays comme l’Italie ou la Pologne, avec bien sûr la bombe atomique en plus. De nombreuses fermetures de régiments seront à prévoir, et près de 155 000 emplois, pas seulement issus de l’armement, seront directement menacés.

De son côté, le ministère de la Défense propose 1 milliard d’euros d’économies annuelles, via un scénario de réductions budgétaires, dit du «moindre mal». Ce qui contraindrait quand même l’armée à une réduction de 20% de ses effectifs, ramenant ainsi l’armée de Terre sous la barre des 100 000 hommes pour une population de 65 millions d’habitants. Il est piquant de savoir que la dernière fois qu’un tel ratio entre soldats et habitants a été atteint en France, c’était sous l’Occupation !

Que restera-t-il à l’Etat français une fois qu’il aura été privé de toutes ses prérogatives, de tout ce qui justement en faisait un Etat ? La France, qui désormais ne bat plus sa monnaie et ne contrôle plus ses frontières, pourrait bientôt aussi ne plus avoir d’armée, du moins dans le sens de ce qui s’appelait «l’armée française» jusqu’à présent.

Nulle nostalgie ici de quelque grandeur passée, mais le constat, implacable, de la désagrégation progressive de la Nation française. Fermez le banc et ne sonnez pas les trompettes.

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